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Passer au delà des terminaisons habituelles des jeux de couleurs,la réalité semble incertaine tant elle est différente d’un regard à l’autre, autant de la part de celui qui se dit artiste que de celui qui regarde et imagine ce qu’il aurait ajouté ou soustrait.

En s’en allant vers les passages secrets de la mémoire, et en disparaissant autant que les satisfactions légitimes des perceptions, il y a la possibilité d’accepter les données imposées par l’image.


De voir quelques goutes d’eau perlées sur le visage, des yeux éclaboussées de lumière subite, ainsi vont les efforts de ce que je pourrais faire sagement.

Je me retournerai toujours vers l’artifice des couleurs, plus volontiers que la musique des mots qui s’évanouit après avoir été prononcée, si ce n’est qu’il reste une trace sur le support papier. En se rapprochant les estimes, les feux d’urgence ne se consument pas totalement. C’est ce qui reste de valable dans ce désordre des lueurs-pensées.


Et c’est ce qui nous sauve, pour autant que l’on souhaite être sauvés.

Après tout, le blanc n’éclate que sur un autre blanc, plus terne, histoire de le valoriser. Finalement, c’est le souhait indépendant des volontés qui sommeillent dans notre esprit, toujours en attenante d’un hypothétique départ. A moins que ce soit l’oubli que l’on guette sans trop le dire.


  

En descendant du train, par une soirée hiver, où l’air se fait raide, la démarche incertaine, victime des épisodes neigeux, il avançait vers le lointain qui l’attendait les bras ouverts. Combien de temps encore, cette improbabilité allait le poursuivre et ne pouvant l’éviter comme une lumière qui l’attirait, il ne pouvait faire autrement que d’y aller.


Il aurait aimé l’éviter comme en  prenant des solutions volontaires qui apparaissent à l’aube du jour, encore baignée de la disparition qui nous envahie dans le sommeil.

Mais, si vite, les premiers pas effectués, cette torpeur décente disparait et,  revient comme toujours, cette improbabilité qu’il n’arrivait pas à dépasser pour l’oublier. Mais au contraire, il marchait côte à côte.


Lui-même accélérait inconsciemment, de peur de la perdre.

Alors que ce matin même, il en avait la promesse justement de la laisser partie dans l’au-delà des paysages de la mémoire.

Il s’y reprendra à nouveau, demain, sans trop y croire.

Et demain sera un autre jour.

Semblable au précédent, sans aucun doute.

Le retour improbable des chemins discontinus crée l’humide attente des préoccupations quotidiennes. Celles qui nécessitent entrain et monotonie.

On pourrait y voir une contradiction, et pourtant, d’une phase à l’autre, d’un instant à une respiration, tout évolue si vite que l’humeur devient volatile.


On peut espérer se concentrer sur l’essentiel avec difficulté dans le quotidien qui ne se colle pas à ce que nous aurions souhaité être. Plus facile, certainement, en théorie mais il ne faut se fier à l’évidence trompeuse du sens des mots.


D’une journée à l’autre, le tremblement de notre délicate émotion nous fait tanguer aux grés des souffles incontrôlés des destinées. Nous aurions voulu être ce que nous ne sommes pas. C’est tellement plus simple de choisir ce souhait trop imaginaire plutôt que d’avouer que l’on n’a jamais rêvé ce que l’on est.

Mais qui se souviendra de cela lorsque les photos devenues bien jaunes ne représenteront à quiconque absolument rien.


Il aura tant espérer tout cela. Il ne devinera jamais que les mots qui lui appartiennent ont un sens profond, même si à la lecture des autres, ils paraissaient tellement ordinaires. Alors pour lui et quelques uns de son entourage, s’il se contentait de cela, apparaitrait un souffle plus long, moins usé qui fait que l’on finit, quelque peu, d’accepter sa position.

Alors avoir souhaité être un autre ne laissera aucune trace sur les chemins toujours aussi discontinus de la mémoire.

Celle qui nous enferme.

  

A. m’a dit que vous étiez passé me voir au café.

Je n’étais pas là, j’en suis désolé.


Retrouver les blancs de silence comme occupation principale pour parcourir les plages colorées des rêves passés permet de s’évanouir dans les aplats de matières transparentes.


Contradiction et superposition des mots pour mieux conter la réalité de l’histoire iront, de pensée en pensée, comme main dans la main, vers les imaginaires du lecteur.

On ne s’en sortira pas sans l’écoute musicale du frottement du crayon sur le bois surface, à décaper les rendez vous manqués.


On se souviendra ainsi que vous étiez passé me voir au café, et que malgré mon absence, le silence n’était pas, lui aussi, au rendez-vous.

En suivant la  trace du trait sur le grain du support, se situe la cassure des éléments imaginaires, peu maîtrisés qui échappent à tout repère subjectif du hasard.


 On peut contourner cette brisure en y renonçant, c'est-à-dire en faisant en sorte que le grain n’apparaissent plus simultanément au coté de la couleur du trait qui attire trop la luminosité de la mémoire.


On peut s’y projeter sans crainte de ne pas voir  ce qu’il y a à coté. Là, est tout le problème complexe de l’imagination. Son importance y est limité et sans grand silence de vibration.

Le retour de construction s’estompe en logique incertaine cernée par le trait de plus en plus épais. Cet éternel recommencement.

Il n’y a guère de possibilité de dévier de cette solution.

J’aimerais tant changer de support, peut-être du translucide où la lumière décomposée en raies qui la traverserait serait finalement plus importante que celle de la couleur réinventée constamment par l’illusion du regard de celui qui appréhende l’œuvre.

Il faut s’évader du cadre, déchirer ce carcan, et non pas construire d’autres cadres dans l’espace du cadre principal car, là, finalement cela reviendrait au même.

On peut estimer qu’en restant à plat, et sans chercher l’illusion de l’épaisseur, en rompant la monotonie de l’angle droit pour une ligne brisée ou une courbe, le contour l’emporterait sur ce qu’il enferme.

 Alors à quoi bon essayer de dévier de ce contexte bien établi qui ne serait que vouloir faire illusion d’innover. Mais  dans  cette aventure trompeuse, on oublie où se situe l’âme de celui qui a effectué l’œuvre au détriment de considérations finalement dépassées.

Il y a là de quoi rester perplexe. Faut-il continuer à répéter, à refaire comme si de rien n’était ? A essayer d’inventer le nouveau, sans y parvenir de façon flagrante, on laisse de côté les sentiments. Mais les sentiments, finalement sont-ils importants ? Pour soi, certes. Mais pour les autres, sont ils les mêmes ?

La rigueur n’est pas à exclure d’une création fantaisiste où il y aurait tendance à mettre de moins en moins de couleur pour absorber les artifices de la pensée qui, ainsi, reste neutre.

Son approche se trouve facilitée par le peu de perception involontaire de la lecture de la couleur.

On peut refaire le même sujet sans pour autant arriver à son échéance, car dans le regard du visage, sur la toile, il y a le regard intérieur de celui qui contemple, et ce regard n’est pas forcement celui qui nous est donné d’apercevoir.

Il y a interruption du mécanisme de l’imaginaire. Et c’est bien dommage car sans imaginaire, il n’y a pas de pensée ni de rêve, ni d’évasion.

La vie est ainsi diluée dans la couleur. Et le tour est joué.

 bernardpeyroles 

Ecriture, Peinture, Masques. 

www.bernardpeyroles.com                                 06 13 05 29 67  

   bernardpeyroles@wanadoo.fr

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